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Kiyota Jirokunietsu
Forgeron de sabres japonais

Né
Hiroki Kiyota, à Amagazaki, entre Osaka et Kobe, au Japon, il
suit le parcours commun des jeunes Japonais jusqu'à
l'école secondaire supérieure.
De là, il décide de joindre une
institution dont le programme est enrichi d'apprentissages artistiques
et artisanaux.
Les étudiants japonais choisissent la suite des
événements environ un an avant la fin de leurs
études. Bien que Hiroki considère plusieurs options
(professeur d'art, architecte, cuisinier), l'idée d'être
un artisan et plus particulièrement un
fabriquant de sabre lui passe par la tête. Comme son professeur
ne sait trop quoi lui conseiller à ce sujet, Hiroki entreprend
de s'informer et visite l'organisme en charge de la préservation
des sabres japonais et du musée qui y est rattaché, le
Nihon Bijutsu Token Hozon Kyokai, ou NBTHK.
Il est impressionné par la beauté raffinée des
sabres et se dit qu'il deviendra peut-être forgeron. C'est lors
de sa deuxième visite, alors qu'il a formellement pris
rendez-vous avec le curateur du musée, qu'on le met en contact
avec celui qui deviendra son maître, Kawachi Kunihira. M.Kawachi
l'accepte aussitôt pour l'année suivante, soit juste
après la complétion de ses études secondaires. Son
apprentissage débute — deshi-iri — en juillet
1994. Il est le deuxième apprenti, sous Takami Tarokuniichi.
À ce moment, Hiroki s'engage en s'allouant la liberté
d'abandonner aussitôt s'il n'est pas séduit.
Il est pourtant aussitôt convaincu qu'il fera tout son possible
pour devenir forgeron. Durant ses six années d'apprentissage,
l'idée n'abandonner ne lui traverse pas une seule fois l'esprit.
C'est en 1999 que son maître l'invite à aller passer le
test co-organisé par le Ministère de la Culture et le
NBTHK et qui a lieu dans la préfecture de Shimane, dans le sud
du Japon. Le test, pour les forgerons en devenir, consiste en la
fabrication d'un sabre de la matière brute jusqu'au polissage de
base, en environ une semaine. Après avoir obtenu sa licence de
forgeron, nécessaire au Japon pour pouvoir légalement
produire des lames, c'est alors qu'il reçoit de son maître
son nom de forgeron, Jirokunietsu. Il demeurera encore un an chez son
maître, période durant laquelle il produira le sabre
illustré par l'oshigata (tracé et relevé d'un sabre) présenté au bas de cette page - un tachi de style Bizen, nagasa 2 shaku; 4 sun; 2 bu.
—:—
Il s'installe en tant que forgeron d'arme indépendant à
Shimizu (désormais Aridagawa), dans la préfecture de Wakayama, en 2000. et
y est demeuré jusqu'en mai 2009, alors qu'il décida d'en sortir pour
construire sa propre forge à environ 2km de là. Un ami lui prête sans
frais une propriété qu'il peut utiliser à souhait.
Chaque
année, le NBTHK organise des concours pour les différents
métiers reliés au sabre japonais. Hiroki a, à ce
jour, soumis six lames à l'événement annuel. Cinq
ont été "acceptées" dans le classement
général (Nyusen; la plupart dans les dix premières
positions) et un a obtenu le troisième prix (Doryokusho).
La vallée de Shimizu
Ce classement est très important au Japon puisqu'il
détermine le prix au marché des sabres d'un forgeron
donné. On dit que pour survivre, un artisan doit se positionner
dans les 30 premières places (ceci inclue les places des premier
et deuxième prix, qui peuvent être attribuées
à plusieurs artisans). Au-delà de ces catégories
existe un peu moins d'une dizaine de prix mentions spéciales tel
que le Prix Honoraire de l'Empereur, celui du Président du
NBTHK, etc. Si un artisan se place 7 fois dans ces prix, il est
classé comme Mukansa (hors-compétition). M.Kawachi est un
de ces rarissimes personnages. Encore plus rare est l'attribution
souvent traduite par "Trésor National Vivant", qui existe pour
les corps de métiers traditionnels au Japon, pour autant qu'un
artisan qui s'y qualifie existe. Pour chaque domaine, il n'y jamais
plus d'un ou deux individus, s'il en est un, incarnant toute l'essence
et la maîtrise idéales.
Pour Hiroki, les forgerons de sabre japonais d'aujourd'hui sont sur une
pente ascendante en ce qui a trait à la qualité de leur
art, bien qu'il les considère encore loin des idéaux du
métier. «Notre plus importante responsabilité est
de poursuivre la tradition déjà vieille de plus de 1300
ans et de préserver les standards de qualité.» Il
tente donc de saisir l'essence des meilleurs sabres jamais produits
— durant l'âge d'or, soit les périodes Heian et
Kamakura, du IXe au XIVe siècles, afin de recréer leur
raffinement et leur vérité propre, «mais sans
vraiment refaire les mêmes sabres.»
«Le monde des sabres japonais en est un de collectionneurs et
d'appréciateurs, pas de fabricants, dit-il. Lorsque
j'apprécie un sabre, je tente plutôt de comprendre dans
quel état d'esprit était son créateur, quelle
était son intention, au lieu de simplement le juger pour ses
propriétés esthétiques.»
Bien conscient que la plupart des gens soient incapables de s'offrir un
sabre japonais, il souhaite toutefois que le public vienne à
comprendre leur beauté raffinée et ainsi respecte son
travail.
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