Le nombre d'individus souhaitant devenir héritier de la tradition de
forge d'arme japonaise en suivant un apprentissage traditionnel au
Japon a beaucoup augmenté.
Il
n'y a ni porte secrète ni
critères impossibles pour devenir apprenti-forgeron de sabres au
Japon.
Cependant, il est vrai que l'information est rare et les
barrières
culturelle et linguistique en inquiètent plus d'un. C'est
probablement pour cette raison que si peu d'étrangers ont mis la
main à la pâte. Il y a la légende incertaine d'un
Occidental qui aurait installé sa forge dans l'est du Japon vers
la fin du XIXe siècle mais on n'en sait guère beaucoup
à son sujet. Il y a le mieux connu Keith Austin — apprenti
de feu le «Trésor National Vivant» Miyairi Akihira,
d'ailleurs en même temps que Kawachi Kunihira, le maître de
Kiyota — mais il est malheureusement décédé
en 1997. Plusieurs autres auraient tenté leur chance puis
abandonné après quelques années, voire quelques
mois.
Il y a, à l'aube
du XXIe siècle, environ 250 forgerons de sabre japonais actifs. Sans nul
doute, chacun a sa propre vision de l'idéal forgeron, ses
habitudes et sa personalité bien
à lui et dans une certaine mesure sa propre
culture. La façon explicitée ici se réfère
à l'expérience
personnelle de l'auteur, sa compréhension de la culture et des
moeurs et aussi à ses convictions. Il y certainement plusieurs
autres voies qui mènent à
un résultat similaire, mais certainement pas identique.
- -
Un
apprentissage classique implique que l'apprenti réside chez son
maître. Il vit à même la famille et aide dans les
tâches ménagères. Dans un apprentissage, on apprend
bien sûr des techniques, mais plus important encore on apprend
à reconnaitre la qualité et les conditions qui permettent
d'y accéder. Même avec 50 ans de pratique, un forgeron
isolé ne pourrait pas réussir de fines lames tout
simplement parce qu'il ne sait pas ce que c'est, une fine lame. Vivre
auprès du maître permet de tremper dans les standards de
celui-ci (ce qui justifie l'importance de choisir le meilleur artisan
dans son domaine) et d'en prendre conséquement les couleurs.
À
l'aube du XXIe siècle, des considérations
financières, sociales et culturelles font qu'il y a autant de
saveurs d'apprentissage qu'il y a de maître. Certains ont
même été rémunérés durant la
bulle économique des années 1980, alors que plusieurs
demande le paiement d'une pension. Certains apprentis vivent seuls et
se rendent chez le maître quotidiennement. Il n'y a plus de
norme, sauf pour la qualité du travail.
- - Il n'existe aucune institution
académique où la forge de sabre japonaise peut être apprise. Pour
forger des lames de plus de 15cm au Japon, on doit posséder une licence
émise par le Ministère de l'Éducation. Pour obtenir cette licence, on
doit suivre un apprentissage auprès d'un détenteur de ladite licence
pendant au moins quatre ans, après quoi il est possible de passer
l'examen annuel des nouveaux forgerons. L'examen consiste en la
fabrication d'un sabre à partir de la matière première jusqu'au polissage de
base et dure environ une semaine. La plupart des apprentissages durent au moins cinq ans.
L'élément déterminant est donc d'être accepté auprès d'un forgeron licencié. Voici comment. |