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Devenir apprenti-forgeron de sabres au Japon
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Il était une fois...
Ainsi,
un forgeron de sabre japonais est assis tranquilement chez lui. Il
prend un thé et ouvre son courrier. Une lettre de
l'étranger.
On lui explique à quel point la forge
japonaise est source de passion et avec quelle détermination on
est prêt à faire tout ce qui est possible pour devenir
forgeron dans la tradition japonaise.
En
plus, la lettre est en français! Après avoir finalement
trouvé l'ami d'un ami qui avait étudié le
français à la petite
école, il finit par décoder la missive. Le forgeron ne
peut que se demander ce qu'on attend de lui sans trop savoir quoi
répondre.
Peu importe la situation, il n'y a pas
matière à décision puisqu'il n'y personne devant
lui! Comment pourrait-il accepter de prendre à sa charge ou du
moins sous sa responsabilité un parfait étranger?!
C'est
pour cette raison et plusieurs autres que la première chose
à faire, pour être accepté dans un corps de
métier au Japon, c'est de venir au Japon!
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De plus, comme
à Rome on fait comme les Romains, le premier devoir de
l'aspirant est d'assimiler les moeurs, comprendre la culture et
l'histoire locale, apprendre la langue. Il ne s'agit pas de devenir un
fin intellectuel du japonisme, ni un Molière de la langue
locale, mais encore, que d'espérer d'être servi dans sa propre
langue et selon ses propres moeurs pour apprendre un métier
traditionnel local, il faut être passablement arrogant.
Heureusement, à tout le moins dans le cas du Japon, apprendre la culture ne fera qu'élever
l'âme et assimiler la langue est loin d'être impossible.
Tout ce qui compte, tel que mentionné plus haut,
c'est la patience. Or, il n'en manque jamais au Japon.
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Donc venir au Japon.
« Pendant combien de temps? »
Voilà
la mauvaise question idéale! La patience n'a-t-elle pas
été mentionnée?! Donc cette question ne se pose
pas. En effet, il s'agit de ce genre de patience-là!
Si
quelqu'un prétend avoir l'intention d'assimiler un
métier ou un art traditionnel nippon, il n'a certainement pas
prévu réaliser ça durant un séjour d'un
mois. Il ne s'agit pas de rester au chaud et au sec, de s'assurer que
la voie est libre, qu'elle est sécurisée et que tous les
ponts sont construits, puis de s'engager. Il s'agit plutôt de
marcher et, lorsqu'arrivé au ravin, de mettre le pied dans le
vide en ayant confiance qu'il y aura un pont, pas après pas.
C'est en s'engageant sur elle que la Voie s'ouvre, pas en la contemplant du fond de sa tranchée...
Il faut comprendre que
l'intention véritable de l'aspirant apprenti est plus importante que ses actions
et ses paroles. Celui qui entend réellement devenir forgeron de sabre au Japon est
déjà engagé sur la Voie. Il n'attend pas qu'on
l'accepte comme apprenti pour lui-même se dévouer. Ainsi.
la détermination sera apparente au maître et le choix sera
beaucoup plus facile.
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Dans l'ordre
Une fois installé au Japon, alors
qu'on s'occupe de se loger, se nourrir et acquérir les bases de
sa nouvelles culture, on commence à entrer en contact avec des
artisans du milieu, on les visite, sans mentionner d'apprentissage, du moins pas sur le ton d'une requête.
On finit par identifier un, peut-être deux
individus dont l'éventualité d'en devenir l'apprenti
n'est pas déplaisante. On continue de visiter l'artisan, on
construit une relation. L'aspirant ne doit pas éviter de
confronter son rêve à la réalité. Pour
plusieurs rêveurs, ils n'osent pas s'avouer qu'ils
préfèrent préserver leur projet à l'état de rêve
plutôt que d'accoucher dans la réalité. Il ne faut
pas avoir peur de changer d'idée au départ, car une fois engagé sur
la Voie, tout abandon est une perte de temps et d'énergie
incroyable tant pour soi-même que pour le maître.
À un certain moment, la possibilité de devenir apprenti apparaîtra naturellement dans la conversation.
Ce
qui se fait au bon moment, se fait sans forcer. Si on doit forcer,
c'est que ce n'est ni le bon moment, ni la bonne chose à faire.
L'aspirant
doit, malgré tout, se méfier aussi de ceux qui offrent un
apprentissage un peu trop facilement. Les artisans ayant les plus hauts
standards de qualité sont les plus réticents à
accepter des apprentis car ils connaissent le chemin et savent qu'une
seule personne sur des milliers, voire plus, n'a la constitution pour y
voyager. Ainsi, on devrait toujours s'adresser au meilleur artisan dans
son domaine. Les préférences personnelles de goût,
de personalité ou d'attitude ne doivent pas prévaloir sur
la seule chose qui compte: la qualité du travail.
Car la qualité, c'est la vérité. |
Note au lecteur:
Ces
pages ont été rédigées afin de
répondre à une demande certaine (bien que non
pécunière) ! Plusieurs personnes m'ont en effet contacté
pour obtenir la même information. J'ai donc décidé
d'en faire une section sur le présent site.
Ceci
étant dit, je demeure ouvert à aider tous ceux (et
celles?) qui entreprendraient de devenir forgeron au Japon. Si vous
avez lu (plusieurs fois) les lignes ci-haut et que vous êtes
installé au Japon ou vous apprêtez à le faire, il
me fera plaisir de vous guider.
Vous comprendrez que je ne suis
évidement pas dans une position pour référer qui
que ce soit à qui que ce soit d'autre. Il n'empêche que je
peux toujours fournir des lignes guides bien pratiques.
- Pierre Nadeau Shimizu, octobre 2007 |
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